La liberté, droit de faire ce que les lois permettent - Montesquieu

La liberté ne consiste pas en la possibilité de faire tout et n'importe quoi.

C'est en somme ce que s'attèle à expliquer Montesquieu dans son ouvrage De l'Esprit des lois, II, au livre XI.

En effet, pour Montesquieu, il est difficile de trouver un mot aussi galvaudé que celui de liberté.

"Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations, et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté" (Chapitre 2)

 

Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple parait faire ce qu'il veut; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, II, au livre XI, Chapitre 3

 

Cela veut bien dire que la liberté "est le droit de faire tout ce que les lois permettent", car ces lois sont supposées justes.

Le droit - Emmanuel Kant

"on ne peut rien tailler de tout à fait droit"

Cette formule est issue de l'Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. L'ouvrage, publié en 1784, évoque en effet les difficultés de l'être humain pour se redresser, c'est-à-dire pour suivre un comportement ordonné.

In extenso, voici la phrase de Kant

Dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l'homme, on ne peut rien tailler de tout à fait droit.

 

Il s'agit donc de trouver des règles, des lois, des directions, pour que l'homme sujet à toute forme de déviances puisse en quelque sorte pousser droit, pour qu'il puisse se développer dans de bonnes conditions et surtout de la bonne façon. Mais cette législation est impossible de manière parfaite, elle ne peut être qu'imparfaite, de par le fait que c'est l'homme imparfait qui décide de ses propres lois, et l'autre fait que l'homme est fondamentalement issu d'un bois "courbe", il n'est pas aisément ajustable.

 

Préférer la révolte à l'humiliation - Raymond Aron

Dans Paix et Guerre entre les nations, publié en 1962, Raymond Aron écrit :

La difficulté de la paix tient plus à l'humanité qu'à l'animalité de l'homme. La souris qui a reçu une raclée se soumet au plus fort et la hiérarchie de domination est stable. Le loup qui tend la gorge est épargné par son vainqueur. L'homme est l'être capable de préférer la révolte à l'humiliation et sa vérité à la vie.

 

C'est donc bien davantage du fait que l'homme est homme, plutôt qu'un animal comme un autre, que la guerre, ou révolte, ou Révolution, ont lieu.

Ici l'humanité tient au fait de préférer la révolte à l'humiliation. C'est donc une forme d'amour propre de l'homme qui le conduit à tenir tête plutôt qu'à se soumettre à l'humiliation. Sa vérité est plus importante que la vie.

 

-> Culture générale : les Révolutions <-