Préférer la révolte à l'humiliation - Raymond Aron

Dans Paix et Guerre entre les nations, publié en 1962, Raymond Aron écrit :

La difficulté de la paix tient plus à l'humanité qu'à l'animalité de l'homme. La souris qui a reçu une raclée se soumet au plus fort et la hiérarchie de domination est stable. Le loup qui tend la gorge est épargné par son vainqueur. L'homme est l'être capable de préférer la révolte à l'humiliation et sa vérité à la vie.

 

C'est donc bien davantage du fait que l'homme est homme, plutôt qu'un animal comme un autre, que la guerre, ou révolte, ou Révolution, ont lieu.

Ici l'humanité tient au fait de préférer la révolte à l'humiliation. C'est donc une forme d'amour propre de l'homme qui le conduit à tenir tête plutôt qu'à se soumettre à l'humiliation. Sa vérité est plus importante que la vie.

 

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Ce qui est engendré est inférieur - Plotin

 

Ce qui est éternellement parfait engendre éternellement, et ce qu'il engendre est éternel, mais inférieur au principe générateur.

Ennéade V, livre I, 13-15

 

Ce qu'il faut comprendre par ces mots de Plotin, c'est que l'Un, (qu'on pourrait assimiler à Dieu puique l'Un est divin, ou encore à "l'Être universel") est à la fois éternel et parfait. Ce qu'il engendre est également éternel, mais est une version dégradée de sa divinité. Il engendre toujours quelque chose d'inférieur à lui.

 

Ouvrons une parenthèse pour rappeler que chez Plotin, les âmes participent de l'essence divine, puisqu'elles sont engendrées par l'Un, mais elles "se sont dégradées par l'oubli de leur origine". (Ennéade V, livre I, 4)

Cela signifie qu'elles ne perçoivent plus Dieu comme leur vraie et parfaite origine, leur attention se porte sur d'autres objets, et par conséquent elles ne voient plus leur vraie nature.

Il est inévitable que nous ne soyons jamais heureux - Pascal

Blaise Pascal dans ses Pensées, 47-172, constate avec froideur :

Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

 

Si Pascal en arrive à un tel résultat, c'est au terme d'une réflexion aboutie sur le temps et le présent.

 

Pour Pascal, le bonheur dépend de la qualité de nos pensées. Or nos pensées sont indissociables du temps. C'est pourquoi Pascal déclare "Que chacun examine ses pensées. Il les trouvera toutes occupées au passé ou à l'avenir."

Le problème vient du fait que nous ne prenons pas le présent pour fin, c'est-à-dire pour but de nos pensées et de notre vie. C'est toujours l'avenir, le futur, qui constitue la fin. De là il est possible de comprendre cette affirmation de Pascal, nous "espérons de vivre", nous vivons pour l'avenir.