La révolution en Utopie - Thomas More

Dans Utopia, livre I, Thomas More fait voir sa conception idéalisée du gouvernement des hommes.

 

Un certain Raphaël Hythlodée, le navigateur qui a découvert l'île d'Utopie, formule une morale du gouvernement. Le roi, qui constitue ce gouvernement, se doit d'aider son peuple et de le servir.

 

Relevons deux extraits du livre I d'Utopia :

 

Les hommes ont fait des rois pour les hommes, et non pas pour les rois ; ils ont mis des chefs à leur tête pour vivre commodément à l'abri de la violence et de l'insulte.

Cet extrait nous dit bien quel est le rôle du roi : c'est celui de servir les hommes, servir son peuple. Il nous dit deuxièmement que ce sont les gens du peuple qui ont mis à leur tête un roi, le roi a été placé par la communauté des hommes. Troisièmement, que la révolution, dont le caractère est naturellement brusque, ne va pas avec la volonté naturelle d'un citoyen : celui-ci désire se protéger de la violence, et c'est pourquoi il met en place un gouvernement.

 

Un peu plus tard :

Quel est l'homme qui désire plus vivement une révolution ? N'est-ce pas celui dont l'existence actuelle est misérable ? Quel est l'homme qui aura le plus d'audace à bouleverser l'Etat ? N'est-ce pas celui qui ne peut qu'y gagner, parce qu'il n'a rien à perdre ?

C'est donc bien celui qui n'est plus à l'abri de la violence, qui est misérable, qui a tout intérêt à faire une révolution. 

 

Il ne faut pas oublier également le contexte dans lequel a été écrite l'oeuvre : Thomas More désirait limiter le pouvoir royal, car Henri VIII, dont il fut pourtant le protégé un temps, était tyrannique.

 

La théorie des climats - Montesquieu

Montesquieu, dans son ouvrage paru en 1748, nous livre une réflexion concernant les déterminismes du milieu où l'on vit sur son propre caractère.

A l'échelle de la société, certains facteurs phyiques influent alors sur les lois, sur le caractère des peuples. Ainsi les lois pour Montesquieu "doivent être relatives au physique du pays" (De l'Esprit des lois, livre I, chap. 3).

Quant au caractère des peuples, Montesquieu prend l'exemple des climats et de la température, qui pour lui jouent un rôle essentiel et font que certains peuples sont libres tandis que d'autres demeurent esclaves.

"Il ne faut donc pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque toujours rendus esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres." énonce ainsi Montesquieu dans De l'Esprit des lois, III, livre XVII, chap. 17.

Montesquieu associe la chaleur (qui "énervait la force et le courage des hommes") à l'esclavage, et le froid (qui donne "une certaine force de corps et d'esprit") à la liberté.

 

 

Définitions des Révolutions

 

>> Étymologie des Révolutions

 

Le mot révolution est ambigü, puisqu'il désigne une modification tout en étant un retour à un état initial.

Cette idée vient de l'astronomie.

Ainsi dès le début du XIIIe siècle Révolution signifiait : « retour périodique d'un astre à un point de son orbite »

 

 

>> Définition dans le domaine des idées de Révolutions

 

Cette idée du retour à un état initial disparaît peu à peu lorsque l'on s'aventure dans des domaines plus théoriques.

Le mot Révolutions marque alors seulement un "bouleversement, une transformation profonde". Il en est ainsi à propos de l'histoire des idées :

« Évolution des opinions, des courants de pensée, des sciences; découvertes, inventions entraînant un bouleversement, une transformation profonde de l'ordre social, moral, économique, dans un temps relativement court »

 

>> Définition à connotation politique et historique

 

Enfin, de façon toujours théorique, le retour à un état initial semble ne plus exister, et au contraire il s'agit en politique ou en histoire de parler d'un régime qui diffère totalement de son état initial.

« Renversement soudain du régime politique d'une nation, du gouvernement d'un état, par un mouvement populaire, le plus souvent sans respect des formes légales et entraînant une transformation profonde des institutions, de la société et parfois des valeurs fondamentales de la civilisation »