Définitions de la Science

La notion au singulier féminin de "la Science" est bien complexe, c'est pourquoi il est important dans un sujet de Culture générale des IEP de développer quoi qu'il arrive le problème de la définition, et d'en éclaircir les limites.

Tout d'abord, est-ce la science ? Les sciences ?

Parle-t-on de la Science au sens courant, les sciences mathématiques ? Ou parle-t-on de la science au sens large et étymologique de la science - latin scientia (« connaissance »).

Ainsi, la philosophie serait une science.
 

>> Définition générale

Somme de connaissances qu'un individu possède ou peut acquérir par l'étude, la réflexion ou l'expérience.
 

>> Définition du dictionnaire de l'Académie française 8e édition (1932-1935)

Connaissance exacte qu'on a de quelque chose.  Je sais cela de science certaine.
Il signifie particulièrement Système de connaissances rationnelles ou expérimentales sur un objet déterminé. Les sciences naturelles.
Il se dit absolument et au singulier de l'Ensemble des connaissances acquises par l'étude.
La science infuse, Celle qui est surnaturelle, qui vient de Dieu par inspiration.
 

>> Définition du Robert

Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables [sens restreint]
 

>> Pour comprendre : deux définitions de Wikipédia
 

Sens large :
Le mot science est un polysème, recouvrant principalement trois acceptions5 :
1. Savoir, connaissance de certaines choses qui servent à la conduite de la vie ou à celle des affaires.
2. Ensemble des connaissances acquises par l’étude ou la pratique.
3. Hiérarchisation, organisation et synthèse des connaissances au travers de principes généraux (théories, lois, etc.)

Sens restreint :
La connaissance claire et certaine de quelque chose, fondée soit sur des principes évidents et des démonstrations, soit sur des raisonnements expérimentaux, ou encore sur l'analyse des sociétés et des faits humains. (Michel Blay)
1. les sciences exactes, comprenant les mathématiques et les « sciences mathématisées » comme la physique théorique ;
2. les sciences physico-chimiques et expérimentales (sciences de la nature et de la matière, biologie, médecine) ;
3. les sciences humaines, qui concernent l'Homme, son histoire, son comportement, la langue, le social, le psychologique, le politique.

 

>> Synonymes :

savoir, capacité, habileté, art, compétence, instruction, expérience, connaissance, bagage, adresse, érudition, secret, sagesse, profondeur, connaissances, culture, discipline, omniscience, technique, vérité, étude

 
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Résumé et explications de La route de la servitude - Friedrich Hayek

La route de la servitude de Friedrich Hayek (ou Friedrich August von Hayek) est un ouvrage politico-économique.

 

Il revient sur la façon dont le socialisme, qui est une espèce de collectivisme, a corrompu la liberté.

 

Il explique d'abord que nous sommes responsables :

 

Nous sommes prêts à accepter toutes les explications sauf une : à savoir que l'état actuel du monde résulte peut-être d'une véritable erreur de notre part.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

La liberté économique permet la liberté politique.

 

Nous avons peu à peu abandonné cette liberté économique sans laquelle la liberté personnelle et politique n'a jamais existé.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

On se trompe dans notre utilisation du mot individualisme. Cela ne revient pas à dire les intérêts égoïstes.

 

Le mot individualisme est assez malsonnant de nos jours, et il a fini par évoquer l'égoïsme.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

Les forces sociales spontanées sont synonymes du marché libre. La coercition est surtout celle qui vient de l'Etat, qui pour Max Weber (non cité par Hayek) le monopole de la violence physique légitime, et qui pour Hayek n'est sans doute pas légitime.

 

Il y a un principe fondamental : à savoir que dans la conduite de nos affaires nous devons faire le plus grand usage possible des forces sociales spontanées, et recourir le moins possible à la coercition.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

Pour autant, Hayek n'est pas absolutiste dans le laissez-faire. Il faut du discernement.

 

Rien n'a sans doute tant nui à la cause libérale que l'insistance butée de certains libéraux sur certains principes massifs, comme avant tout la règle du laissez-faire

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

Par "outillage existant", Hayek entend le système politique en place. Ainsi, le socialisme a voulu tout remplacer.

 

Il ne s'agissait plus d'augmenter ou d'améliorer l'ouillage existant, mais de les mettre tout entier au rebut et de le remplacer.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 1

 

Hayek de rappeler la nature passée du socialisme, qui était pour lui proprement "autoritaire".

 

On se souvient rarement aujourd'hui que le socialisme à ses débuts était franchement autoritaire.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 2

 

La plus grande et nuisible confusion de nos jours et du XXe siècle est celle d'avoir pris le mot liberté pour synonyme de pouvoir ou de richesse. Ainsi aurait été libre celui qui était riche ou puissant. Mais ce n'est pas ça la liberté.

 

Avant que l'homme dût être vraiment libre, il fallait briser "le despotisme du besoin physique" et relâcher "les contraintes du système économique".

Dans ce sens, le mot liberté n'est évidemment qu'un autre nom donné au pouvoir ou à la richesse.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 2

 

Des observateurs, mais aussi Hayek. Le fascisme et le communisme ont de nombreux traits communs.

 

[Des observateurs] ont été frappés de l'extraordinaire ressemblance qui existe à beaucoup d'égards entre la vie en régime "fasciste" et "communiste".

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 2

 

Plus que des traits communs, le fascisme et le communisme auraient les mêmes racines.

 

de plus en plus de gens se demandaient si ces nouvelles tyrannies n'étaient pas l'aboutissement des mêmes tendances.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 2

 

Le "meilleur moyen" ne veut pas dire le moyen parfait. Mais la concurrence a une place tout à fait chérie pour les libéraux (terme qui pour Hayek a été galvaudé, et qu'on pourrait mieux traduire par libertarien, même si cela sonne trop négatif au goût de Hayek)

 

Le libéralisme est fondé sur la conviction que la concurrence est le meilleur moyen de guider les efforts individuels.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 3

 

On revient sur cette notion que "le meilleur moyen" n'est pas le moyen parfait. Il faut faire intervenir l'autorité, c'est-à-dire l'Etat, si besoin est. Hayek ne rejette pas complètement l'Etat, au contraire il a son rôle à jouer.

 

Il faut, certes, faire intervenir l'autorité chaque fois qu'il est impossible de faire fonctionner la concurrence

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 3

 

Le planisme est un danger aux yeux de Hayek. Le planisme, c'est la "Doctrine qui préconise la régulation de l'économie par la planification." (Dictionnaire de l'Académie française 9e édition). Mais il n'était pas nécessaire, il a été mis en place sans que l'on soit obligé d'y recourir.

 

Il est donc hors de doute que le mouvement vers le planisme est le résultat d'une action délibérée, et qu'aucune nécessité externe ne nous y contraint.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 4

 

Hayek donne sa définition du système collectiviste, dont fait partie le socialisme :

 

Le trait commun de tous les systèmes collectivistes peut être défini (...) comme l'organisation des travaux de la société en vue d'un but social déterminé.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 5

 

C'est une évolution de notre société qui veut que notre code moral, c'est-à-dire nos maximes, se sont réduites et ont un attteint un plus haut niveau d'abstraction.

 

Les règles qui composent notre code moral sont peu à peu devenues moins nombreuses et plus générales.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 5

 

Cette fois-ci, Hayek donne la définition de l'individualisme, qui n'est pas l'intérêt égoïste de chacun. Il oppose individualisme et système collectiviste.

 

Reconnaître l'individu comme juge en dernier ressort de ses propres fins, croire que dans la mesure du possible ses propres opinions doivent gouverner ses actes, telle est l'essence de l'individualisme.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 5

 

Une nouvelle définition, celle de capitalisme. Doublé par une assertion majeure, à savoir que le capitalisme est inhérent à la démocratie : seul ce système autorise la démocratie à se déployer.

 

Si le mot "capitalisme" signifie un système de concurrence fondé sur la libre disposition de la propriété privée, il faut se rendre compte que seul un tel système permet la démocratie.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 5

 

La planification est un mal encore vigoureusement rejeté par Hayek. Quand l'obligation vient du haut de la pyramide (l'Etat), il n'est pas possible à la base de la pyramide (le peuple, ou plutôt chacun des individus qui composent un peuple) de lancer ses propres projets, c'est-à-dire d'utiliser de sa liberté. On peut le résumer en cette équation : + de planification = - de liberté pour l'individu.

 

plus l'État "planifie", plus il devient difficile pour l'individu de faire des projets

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 6

 

Pour Hayek, c'est l'égalité devant la loi qu'il faut bien sûr privilégier. L'égalité matérielle réduit la liberté de l'individu. Or, le problème du socialisme pour Hayek, c'est qu'il cherche davantage à assurer l'égalité matérielle (concrètement, que tout le monde soit le plus proche du même niveau de richesse) plutôt qu'à assurer l'égalité devant la loi, qui est la seule à permettre la liberté individuelle.

 

l'égalité formelle devant la loi est en contradiction, voire incompatible, avec tout effort gouvernemental tendant à réaliser l'égalité matérielle ou concrète entre les hommes

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 6

 

Tout simplement, Hayek défend l'argent et la monnaie. C'est un outil qui a permis à l'homme de se libérer de nombreuses contraintes, et surtout qui lui a donné le choix. Le choix de dépenser ce qu'il veut dans ce qu'il veut, plutôt que d'être assujetti au problème du troc ou autre difficulté d'échange.

 

Il serait beaucoup plus juste de dire que l'argent est un des plus magnifiques instruments de liberté que l'homme ait jamais inventé.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 7

 

Hayek ne néglige pas la place de la chance dans le succès économique, surtout dans le système capitaliste où a lieu la concurrence.

 

dans la concurrence, la chance joue autant que l'intelligence et la prévoyance

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 8

 

Le riche est puissant ne revient pas à dire que seul le puissant peut devenir riche. Dans cette alternative, Hayek préfère la première option.

 

Le monde dans lequel le riche est puissant n'est-il pas meilleur que celui dans lequel seul le puissant peut acquérir la richesse ?

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 8

 

Là encore, Hayek n'est pas 100% à rejeter le rôle de l'Etat. Il n'est pas, en un mot, anarchiste. Une catastrophe contre laquelle un individu est impuissant, cela peut être par exemple un séisme. L'Etat a alors un rôle à jouer pour adoucir les dommages conséquents.

 

Chaque fois que la communauté peut agir pour atténuer les conséquences des catastrophes contre lesquelles l'individu est impuissant, elle doit le faire.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 9

 

Hayek parle d'un comportement contre-productif. Celui de vouloir garantir la sécurité économique et financière d'un agent, ce peut être une personne ou une organisation. Cela trouble le marché, et en déséquilibrant le marché, commet des dysfonctionnements encore plus importants que ce que l'on avait voulu protéger à l'origine.

 

plus on tente d'assurer une sécurité complète en intervenant dans le système du marché, plus l'insécurité augmente

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 9

 

Pour autant, la sécurité est un atout essentiel pour garantir la liberté de chacun.

 

Un certain degré de sécurité est indispensable à la sauvegarde de la liberté

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 9

 

Certes, la liberté est un idéal et apporterait de nombreux bénéfices. Mais la liberté a un prix, en ce sens qu'il en coûte à quelqu'un de posséder cette liberté, et même à la société en général. Il faut faire des sacrifices pour obtenir la liberté, mais pour Hayek, cela vaut le coup.

 

admettons que la liberté ne s'obtient qu'à un certain prix

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 9

 

Hayek veut revenir sur une croyance populaire, qu'il faut tout de suite détruire. Cette croyance, c'est de penser que les systèmes totalitaires, qui sont l'objet de son livre, et qu'il présente comme une conséquence du socialisme, sont accidentels. Cela reviendrait à dire que rien n'aurait pu le déjouer, que ce n'est pas la faute du système, des institutions. Ce que Hayek rejette. Les institutions et le système gouvernemental, mis en place par les hommes eux-mêmes, ont bien conduit aux systèmes totalitaires. Ce n'est pas que fortuit.

 

Cette croyance consiste à admettre que l'aspect le plus répugnant du système totalitaire est dû à quelque accident historique

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 10

 

Diminuer la force absolue, c'est bien diminuer le pouvoir qu'un homme a sur un autre homme. En effet, d'après les théories du contrat social, tout le pouvoir est mis volontairement entre les mains de l'Etat. Mais plus on centralise ce pouvoir, plus l'Etat, au sommet de la pyramide, peut agir sur ses sujets. Au contraire, la décentralisation, c'est-à-dire répartir à des échelons inférieurs et variés le pouvoir, permet de diluer ce pouvoir absolu qui était entre les mains de l'Etat, et ainsi de donner plus de liberté aux individus. Or la concurrence, à l'œuvre dans le capitalisme, est vecteur de décentralisation. C'est donc grâce au capitalisme, à la concurrence, que le pouvoir se décentralise, et que l'homme devient plus libre individuellement.

 

Partager ou décentraliser le pouvoir c'est en diminuer la force absolue : seul le système de concurrence est capable de réduire, par le moyen de la décentralisation, le pouvoir exercé par l'homme sur l'homme.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 10

 

Encore un trait commun du national-socialisme avec le communisme. Ceux-ci veulent développer chaque champ de recherche dans un intérêt précis pour la société. Ils dédaignent la science pure, ainsi que l'art pour l'art, c'est-à-dire la recherche pour avancer et progresser, sans chercher nécessairement un intérêt immédiat et utile dans le cadre d'un planisme.

 

La science pure ou l'art pour l'art trouvent aussi peu de grâce aux yeux des nazis que des intellectuels socialistes ou des communistes.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 11

 

Dans les domaines économiques où il doit y avoir un monopole (c'est-à-dire une seule organisation qui contrôle tout ce champ économique), s'offre un choix : soit l'Etat contrôle l'organisation privée qui a le monopole, soit l'Etat acquiert et devient l'organisation monopolistique. Hayek préfère de loin le premier choix, qui est aussi celui des Etats-Unis à cette époque.

 

Si le monopole est réellement inévitable, il est probable que le plan, préconisé par les Américains, d'un contrôle sévère de l'Etat sur les monopoles privés, appliqué rigoureusement, est meilleur qu'une mainmise de l'Etat.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 13

 

Là encore, il s'agit d'un choix qui est laissé aux hommes : SOIT le marché est libre SOIT le marché est contrôle par quelques personnes ou organisations. Sauf que le marché n'appartient à personne, tout le monde y contribue, tout le monde est plus libre. Dans le second cas, les individus sont assujettis au pouvoir de quelques uns. Pour Hayek, ardent défenseur de la liberté telle qu'il l'entend, le choix est bien sûr immédiatement fait : mieux vaut la première possibilité. Hayek ajoute que puisqu'il n'y a que ces deux alternatives, celui qui tendrait à réaliser la seconde ferait progressivement disparaître la première, qui est la seule qui trouve grâce à ses yeux.

 

Il n'y a que deux possibilités, soit un système dirigé par la discipline impersonnelle du marché, soit un autre dirigé par la volonté de quelques individus ; et ceux qui s'acharnent à détruire le premier contribuent, sciemment ou inconsciemment, à créer le second.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 13

 

A supposer qu'il y a vraiment eu un stade d'homme économique, ce que Hayek dément, ce serait la fin de l'homme économique. Mais pour Hayek, l'économie est indispensable à la liberté de chacun.

 

La "fin de l'homme économique" semble devoir devenir un des mythes dominants de notre époque

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 14

 

Certes, l'homme est soumis aux forces du marché. Mais ces forces sont impersonnelles. C'est-à-dire qu'elles ne sont pas incarnées, ce n'est pas une personne qui contrôle les autres. Ce sont des mécanismes que seul un homme omniscient, que seul un Dieu pourrait comprendre largement. Il vaut mieux cela qu'autre chose, à savoir que quelques individus contrôlent le comportement des autres, après quoi il n'y aurait plus de liberté. Hayek fait l'éloge de ces forces impersonnelles, qui ont permis à la civilisation d'être celle qu'elle est aujourd'hui, et d'avoir si bien progressé. Car pour Hayek il y a bien un progrès, c'est pourquoi il n'est pas conservateur : au contraire, les forces du marché sont mobiles et se déplacent, s'adaptent aux hommes, changent.

 

C'est la soumission de l'homme aux forces impersonnelles du marché qui, dans le passé, a rendu possible le développement d'une civilisation qui sans cela n'aurait pu se développer

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 14

 

Point très intéressant, Hayek admet des exceptions. La guerre par exemple peut justifier qu'on impose un but unique. Il faut rappeler que cet ouvrage est paru en 1944.

 

la liberté individuelle est incompatible avec la suprématie d'un but unique auquel toute la société est surbordonnée en permanence. La seule exception à cette règle est constituée par la guerre ou par d'autres désastres temporaires

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 14

 

Hayek fait la liste des vertus essentielles à l'individualisme, celles qui le caractérisent. Ces vertus sont pour Hayek celles qui ont le moins la côte dans la société de l'époque - et toujours aujourd'hui.

 

Il est vrai que les vertus les moins appréciées et les moins pratiques actuellement, - l'indépendance, la confiance en soi, le goût du risque, l'aptitude à défendre ses opinions contre la majorité, la disposition à aider son prochain - sont celles sur lesquelles repose essentiellement la société individualiste.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 14

 

Dans le projet idéaliste de Hayek, on trouve un cadre international à l'économie et aux hommes. Ce cadre n'est autre qu'un Etat, fédéraliste. Mais un Etat minimal qui doit garantir les libertés individuelles, telles qu'il les a décrites tout au long de l'ouvrage.

 

Une autorité internationale peut contribuer énormément à la prospérité économique si elle se contente de maintenir l'ordre et de créer des conditions dans lesquelles les peuples puissent se développer eux-mêmes.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 15

 

Contre l'autorité politique, qu'il appelle de ses vœux, Hayek voit en une autorité économique un cadre contre-productif, néfaste pour le monde. Cette autorité économique ne servirait pas les libertés individuelles.

 

une autorité économique internationale, ne détenant aucun pouvoir politique et même strictement limitée à un domaine déterminé, peut facilement exercer le pouvoir le plus tyrannique et le plus irresponsable.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 15

 

Dans cette dernière citation, Hayek insiste encore sur les bienfaits d'une fédération, seul système qui trouve grâce à ses yeux à l'échelle internationale. Dans sa logique de décentralisation, grâce à la concurrence et pour plus de libertés individuelles, la fédération est le seul système qui puisse servir les humains.

 

La fédération est l'application de la méthode démocratique aux affaires internationales, la seule méthode de transformation pacifique que l'homme ait inventée.

Friedrich Hayek, La route de la servitude, Chapitre 15

 

 

Résumé de La Richesse des nations - Adam Smith

 

En préambule, nous vous conseillons ce livre :

Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations : Les grands thèmes - Adam Smith

Ou encore de vous procurer le texte original en commençant par le Livre 1 et Livre 2.

 

Toutefois, vous trouverez ici un Résumé et des explications sur ce très célèbre livre qu'est : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations

Nous avons abrégé comme il est parfois coutume de le faire ce titre long en l'expression plus courte La Richesse des nations, qui a certes pour défaut de présenter moins d'humilité que le titre original.

 

Vous trouverez dans ce grand résumé une couverture la plus complète possible des idées proposées par Adam Smith.

Toutefois, le texte original s'étale sur plusieurs centaines de pages (aux alentours de 1500 pages). Il est inéluctable que ce résumé perde un peu de la splendeur originale qui a consacré Adam Smith comme le père de l'économie politique, et le plus grand représentant de ce que l'on a coutume d'appeler a posteriori l'école classique en économie.

 

Si vous manquez de temps, nous vous conseillons de cliquer directement sur le titre de la partie qui vous intéresse à partir de ce sommaire que nous avons arbitrairement établi.

Le passage le plus célèbre, pour celui qui n'a jamais abordé Adam Smith, est sans doute celui de la "Main invisible".

 

Résumé et explications du LIVRE I - La Richesse des nations

  1. La division du travail
  2. L'origine et l'usage de la monnaie, prix des marchandises
  3. Salaire, profit et rente

Résumé et explications du LIVRE II - La Richesse des nations

  1. 3 branches de capitaux
  2. Travail productif et non-productif
  3. 4 manières différentes d'employer un capital

Résumé et explications du LIVRE III - La Richesse des nations

  1. Progrès de l'opulence et l'économie des villes au service des campagnes

Résumé et explications du LIVRE IV - La Richesse des nations

  1. Le système mercantile
  2. "La main invisible" d'Adam Smith
  3. Le commerce entre pays
  4. La colonisation et le mal qu'elle a causé
  5. Conclusion du système mercantiliste
  6. Les systèmes agricoles

Résumé et explications du LIVRE V - La Richesse des nations

  1. Les dépenses de l'Etat
  2. Les revenus de l'Etat
  3. Les dettes publiques

 

 

Résumé et explications du LIVRE I - La Richesse des nations

 

>> La division du travail

 

D'emblée, Adam Smith pose comme un atout essentiel la Division du travail.

 

Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail, et la plus grande partie de l'habileté, de l'adresse et de l'intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu'il semble, à la Division du travail.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre I

 

Adam Smith pour justifier son propos prend l'exemple d'une fabrique d'épingles.

La fabrication est diviée en 18 opérations.

l'important travail de faire une épingle est divisé en dix-huit opérations distinctes ou environ, lesquelles, dans certaines fabriques, sont remplies par autant de mains différentes, quoique dans d'autres le même ouvrier en remplisse deux ou trois

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre I

 

Le travail de 10 ouvriers qui accomplissent deux ou trois actions sur les 18, est beaucoup plus efficace qu'un ouvrier qui fabriquerait l'épingle du début à la fin.

chaque ouvrier, faisant une dixième partie de ce produit, peut être considéré comme faisant dans sa journée quatre mille huit cents épingles. Mais s'ils avaient tous travaillé à part et indépendamment les uns des autres, et s'ils n'avaient pas été façonnés à cette besogne particulière, chacun d'eux assurément n'eût pas fait vingt épingles, peut-être pas une seule

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre I

 

Ce résultat est le fruit de 3 facteurs de productivité :

  1. premièrement, à un accroissement d'habileté dans chaque ouvrier individuellement;
  2. deuxièmement, à l'épargne du temps, qui se perd ordinairement quand on passe d'une espèce d'ouvrage à une autre,
  3. et troisièmement enfin, à l'invention d'un grand nombre de machines qui facilitent et abrègent le travail

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre I

 

 

 

>> L'origine et l'usage de la monnaie, prix des marchandises

 

Adam Smith dans sa démonstration commence par établir la nécessité du commerce, d'une "société commerçante".

 

La division du travail une fois généralement établie, chaque homme ne produit plus par son travail que de quoi satisfaire une très-petite partie de ses besoins. La plus grande partie ne peut être satisfaite que par l'échange du surplus de ce produit qui excède sa consommation, contre un pareil surplus du travail des autres. Ainsi chaque homme subsiste d'échanges ou devient une espèce de marchand, et la société elle-même est proprement une société commerçante.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IV

 

Ainsi naquit le troc, c'est-à-dire l'échange de biens.

Quel est le problème du troc ?

Adam Smith prend l'exemple d'un boucher et d'un boulanger (et d'un brasseur).

Un boucher a plus de viandes qu'il ne lui en faut.

Il échangerait donc bien contre du pain au boulanger.

Mais il se trouve qu'il a déjà suffisamment de pain chez lui.

Il n'a donc plus aucun intérêt à échanger avec le boucher.

C'est un échange raté.

 

L'homme a donc songé à utiliser une denrée qui serait désirable par tout le monde. Ce fut du bétail, des coquillages, de la morue sèche, du tabac, dans différentes régions du monde.

Mais "des raisons irrésistibles semblent, dans tous les pays, avoir déterminé les hommes à adopter les métaux pour cet usage, par préférence à toute autre denrée".

Les métaux étaient pratiques en cela qu'ils pouvaient être divisés, et qu'ils n'étaient pas périssables.

 

Comment en est-on arrivé des pièces ?

 

La difficulté et l'embarras de peser ces métaux avec exactitude donna lieu à l'institution du coin, dont l'empreinte, couvrant entièrement les deux côtés de la pièce et quelquefois aussi la tranche, est censée certifier, non-seulement le titre, mais encore le poids du métal. Alors ces pièces furent reçues par compte, comme aujourd'hui, sans qu'on prît la peine de les peser.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IV

 

C'est l'occasion pour Adam Smith d'établir une distinction entre valeur d'usage et valeur d'échange.

 

quelquefois [le mot "valeur"] signifie l'utilité d'un objet particulier, et quelquefois il signifie la faculté que donne la possession de cet objet d'en acheter d'autres marchandises. On peut appeler l'une, Valeur en usage, et l'autre, Valeur en échange

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IV

 

Pour comprendre le bien fondé de cette distinction, Adam Smith prend deux exemples très faciles à comprendre :

 

Il n'y a rien de plus utile que l'eau, mais elle ne peut presque rien acheter; à peine y a-t-il moyen de rien avoir en échange. Un diamant, au contraire, n'a presque aucune valeur quant à l'usage, mais on trouvera fréquemment à l'échanger contre une très-grande quantité d'autres marchandises.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IV

 

Qu'est-ce qu'un homme riche ou pauvre ?

 

Un homme est riche ou pauvre, suivant les moyens qu'il a de se procurer les besoins, les commodités et les agréments de la vie. Mais la division une fois établie dans toutes les branches du travail, il n'y a qu'une partie extrêmement petite de toutes ces choses qu'un homme puisse obtenir directement par son travail; c'est du travail d'autrui qu'il lui faut attendre la plus grande partie de toutes ces jouissances; ainsi il sera riche ou pauvre, selon la quantité de travail qu'il pourra commander ou qu'il sera en état d'acheter.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre V

 

Combien vaut une marchandise, revient à dire combien de travail il faut pour une marchandise.

 

Le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre V

 

Puisque l'argent peut changer de valeur (quand on découvre une mine d'or, l'or vaut moins qu'avant): le travail demeure le "prix réel", tandis que l'argent n'est que le "prix nominal".

 

 

>> Salaire, profit et rente

 

Adam Smith distingue 3 sources primitives de revenu :

  1. Salaire
  2. Profit
  3. Rente

 

Salaire, profit et rente sont les trois sources primitives de tout revenu, aussi bien que de toute valeur échangeable. Tout autre revenu dérive, en dernière analyse, de l'une ou de l'autre de ces trois sources.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre V


 

Examinons d'abord le salaire.

 

Ce qui constitue la récompense naturelle ou le salaire du travail, c'est le produit du travail.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre VI


 

Le rapport de force qui oppose les ouvriers et les maîtres penche en faveur des maîtres.

Mais il est un "salaire" de "subsistance" qui est nécessaire, et en-dessous duquel on ne peut pas descendre.

 

Mais quoique les maîtres aient presque toujours nécessairement l'avantage dans leurs querelles avec leurs ouvriers, cependant il y a un certain taux au-dessous duquel il est impossible de réduire, pour un temps un peu considérable, les salaires ordinaires, même de la plus basse espèce de travail.

Il faut de toute nécessité qu'un homme vive de son travail, et que son salaire suffise au moins à sa subsistance

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre VIII

 

Le salaire sera néanmoins globalement toujours un peu plus haut que ce salaire de subsistance :

- "La rareté des bras occasionne une concurrence parmi les maîtres"

- "Quand un propriétaire, un rentier, un capitaliste a un plus grand revenu que celui qu'il juge nécessaire à l'entretien de sa famille"

- "Une subsistance abondante augmente la force physique de l'ouvrier" En clair, mieux on est payé, plus on fait d'efforts, et c'est ce dont se rendent compte les maîtres

 

Examinons ensuite le profit.

 

Adam Smith explique comme suit les variations du profit :

 

Quand les capitaux de beaucoup de riches commerçants sont versés dans un même genre de commerce, leur concurrence mutuelle tend naturellement à en faire baisser les profits, et quand les capitaux se sont pareillement grossis dans tous les différents commerces établis dans la société, la même concurrence doit produire le même effet sur tous.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IX

 

Et encore :

 

Ce profit est affecté, non-seulement de chaque variation qui survient dans le prix des marchandises qui sont l'objet de ce commerce, mais encore de la bonne ou mauvaise fortune des concurrents et des pratiques du commerçant, et de mille autres accidents auxquels les marchandises sont exposées

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre IX

 

Examinons finalement la rente.

 

La Rente considérée comme le prix payé pour l'usage de la terre, est naturellement le prix le plus élevé que le fermier est en état de payer, dans les circonstances où se trouve la terre pour le moment

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre I, Chapitre XI

 

Dans le rapport de force qui oppose le propriétaire foncer et le fermier, c'est le propriétaire qui est plutôt gagnant. La rente est "un prix de monopole".

Plus l'économie se développe, plus la rente augmente.

 

Résumé et explications du LIVRE II - La Richesse des nations

 

 

>> 3 branches de capitaux

 

Dans le Chapitre I, du livre II, de la Richesse des nations, Adam Smith fait la distinction entre trois branches de capitaux :

 

  1. "La première est cette portion réservée pour servir immédiatement à la consommation"
  2. "La seconde des trois branches dans lesquelles se divise le fonds général d'une société, est le CAPITAL FIXE, dont le caractère distinctif est de rapporter un revenu ou profit sans changer de maître"
    Il s'agit de :
    1. "Toutes les Machines utiles et instruments d'industrie"
    2. "Tous les bâtiments destinés à un objet utile, et qui sont des moyens de revenu"
    3. "Les améliorations des Terres"
    4. "Les Talents utiles acquis par les habitants ou membres de la société"
  3. "La troisième et dernière des trois branches dans lesquelles se divise naturellement le fonds général que possède une, société. c'est son CAPITAL CIRCULANT, dont le caractère distinctif est de ne rapporter de revenu qu'en circulant ou changeant de maître."
    Il s'agit de :
    1. "L'Argent"
    2. "Ce fonds de Vivres qui est dans la possession des" différentes professions
    3. "Les matières"
    4. "Enfin l'Ouvrage fait et parfait, mais qui est encore dans les mains du marchand ou manufacturier"

 

 

>> Travail productif et non productif

 

 

Le travail non-productif :

 

Le travail de quelques-unes des classes les plus respectables de la société, de même que celui des domestiques, ne produit aucune valeur, il ne se fixe ni ne se réalise sur aucun objet ou chose qui puisse se vendre, qui subsiste après la cessation du travail et qui puisse servir à procurer par la suite une pareille quantité de travail

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre II, Chapitre III

 

 

Adam Smith "attaque" en particulier frontalement le souverain :

"Le souverain, par exemple, ainsi que tous les autres magistrats civils et militaires qui servent sous lui, toute l'armée, toute la flotte, sont autant de travailleurs non productifs"

avant de concéder :

"Leur service, tout honorable, tout utile, tout nécessaire qu'il est, ne produit rien avec quoi on puisse ensuite se procurer une pareille quantité de service"

 

Mais de quoi les travailleurs non-productifs vivent-ils donc ?

 

La rente de la terre et les profits des capitaux sont donc partout les principales sources où les salariés non productifs puisent leur subsistance

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre II, Chapitre III

 

Quant aux travailleurs productifs, c'est bien sûr la mécanique inverse. Est appelé travail productif en ce sens la "sorte de travail qui ajoute à la valeur de l'objet sur lequel il s'exerce".

 

Adam Smith fait l'éloge de l'épargne.

Suivez son raisonnement en trois étapes :

1. "partout où les capitaux l'emportent, c'est l'industrie qui domine; partout où ce sont les revenus, la fainéantise prévaut"

2. "Les capitaux augmentent par l'économie, ils diminuent par la prodigalité et la mauvaise conduite."

3. Donc l'épargne qui permet d'augmenter le capital conduit également à occuper les travailleurs productifs.

 

Adam Smith ne retient pas ses mots contre les personnes prodigues, c'est-à-dire qui dépensent plus :

Si la prodigalité de quelques-uns n'était pas compensée par la frugalité des autres, tout prodigue, en nourrissant ainsi la paresse avec le pain de l'industrie, tendrait, par sa conduite, à appauvrir son pays

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre II, Chapitre III

 

 

Toutefois, une "grande nation" s'en sortira quasiment toujours, car la bonne conduite de ceux qui épargnent pallie la prodigalité des autres.

 

Mais encore une fois, c'est l'occasion pour Adam Smith d'attaquer les pouvoirs en place :

"Ils sont toujours, et sans exception, les plus grands dissipateurs de la société."

 

>> 4 manières différentes d'employer un capital

 

Le capital s'exploite de multiples façons. Adam Smith en identifie quatre.

 

  1. à fournir à la société le produit brut qu'il lui faut pour son usage et sa consommation annuelle; ou bien
  2. à manufacturer et à préparer ce produit brut, pour qu'il puisse immédiatement servir à l'usage et à la consommation de la société; ou,
  3. à transporter, soit le produit brut, soit le produit manufacturé, des endroits où ils abondent à ceux où ils manquent;
  4. enfin, à diviser des portions de l'un et de l'autre de ces produits en parcelles assez petites pour pouvoir s'accommoder aux besoins journaliers des consommateurs.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre II, Chapitre V

 

Le capital qui vaut le plus est celui qui fournit le produit brut.

C'est donc le développement agricole qu'il faut privilégier.

 

 

Résumé et explications du LIVRE III - La Richesse des nations

 

>> Progrès de l'opulence et l'économie des villes au service des campagnes

 

Pour Adam Smith dans le premier chapitre de nouveau livre, "Le grand commerce de toute société civilisée est celui qui s'établit entre les habitants de la ville et ceux de la campagne.".

Pour rappel, nous sommes à une époque où le taux d'urbanisation est beaucoup plus faible, naturellement, et toujours dans l'optique où l'agriculture doit être privilégiée.

 

D'après l'analyse d'Adam Smith dans le chapitre IV, la richesse des villes a permis trois voies d'amélioration pour les campagnes :

  1. "en fournissant un marché vaste et rapproché pour le produit brut du pays, elles ont encouragé sa culture et ont engagé à faire de nouvelles améliorations"
  2. "les richesses que gagnèrent les habitants des villes furent souvent employées à acheter des terres qui se trouvaient à vendre, et dont une grande partie seraient souvent restées incultes"
  3. "enfin, le commerce et les manufactures introduisirent par degrés un gouvernement régulier et le bon ordre, et avec eux la liberté et la sûreté individuelle, parmi les habitants de la campagne"

 

 

Résumé et explications du LIVRE IV - La Richesse des nations

 

>> Le système mercantile

 

Dans le Chapitre I, du Livre IV, Adam Smith coupe court à une fausse idée :

"cette idée populaire, que l'Argent fait la richesse, ou que la richesse consiste dans l'abondance de l'or et de l'argent"

Pour le dire de manière plus simple, "en un mot, dans le langage ordinaire, Richesse et Argent sont regardés comme absolument synonymes".

C'est pourquoi, de nombreux Etats ont cherché à acquérir de l'argent en proportions toujours plus grandes, et même parfois à interdire qu'on en fasse sortir de la nation (Ecosse).

C'est là qu'intervient le recadrage d'Adam Smith :

 

Il serait vraiment trop ridicule de s'attacher sérieusement à prouver que la richesse ne consiste pas dans l'argent ou dans la quantité des métaux précieux, mais bien dans les choses qu'achète l'argent et dont il emprunte toute sa valeur, par la faculté qu'il a de les acheter.

 

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre I

 

Ce n'est donc par l'argent qui est important, mais les choses qu'il achète.

 

 

Adam Smith en vient à parler du protectionnisme, terme qu'il n'utilise pas, mais qu'il décrit par la longue formule "En gênant, par de forts droits ou par une prohibition absolue, l'importation de ces sortes de marchandises qui peuvent être produites dans le pays".

 

Certes, le protectionnisme a ses avantages : créer un monopole sur le territoire national.

Mais ce monopole est-il vraiment avantageux pour la nation ?

C'est la question que pose Adam Smith en ces mots :

 

Il n'y a pas de doute que ce monopole dans le marché intérieur ne donne souvent un grand encouragement à l'espèce particulière d'industrie qui en jouit, et que souvent il ne tourne vers ce genre d'emploi une portion du travail et des capitaux du pays, plus grande que celle qui y aurait été employée sans cela. - Mais ce qui n'est peut-être pas tout à fait aussi évident, c'est de savoir s'il tend à augmenter l'industrie générale de la société, ou à lui donner la direction la plus avantageuse.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

Pour répondre à cette question, Adam Smith passe par quelques explications, qui donnent lieu au passage le plus célèbre de son œuvre. Celui sur la main invisible.

 

>> "La main invisible" d'Adam Smith

 

Il n'emploie pas encore cette expression ici, mais c'est bien cette théorie qu'il résume en une phrase iconique :

Chaque individu met sans cesse tous ses efforts à chercher, pour tout le capital dont il peut disposer, l'emploi le plus avantageux :
 il est bien vrai que c'est son propre bénéfice qu'il a en vue, et non celui de la société; mais les soins qu'il se donne pour trouver son avantage personnel le conduisent naturellement, ou plutôt nécessairement, à préférer précisément ce genre d'emploi même qui se trouve être le plus avantageux à la société

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

Résumé simplement, cela veut dire que chaque individu travaille en direction de sa propre satisfaction.

Mais la somme de ces travaux individuels, de façon nécessaire, c'est-à-dire qui ne peut pas ne pas être, conduit au bien de la société en général.

 

Dit d'une différente manière, et c'est alors qu'Adam Smith emploie enfin le terme de main invisible qu'il a utilisée dans d'autres ouvrages écrits par ses soins :

puisque chaque individu tâche, le plus qu'il peut, lº d'employer son capital à faire valoir l'industrie nationale, et - 2º de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société

(...)

il ne pense qu'à son propre gain; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

Un autre rappel d'Adam Smith avant de répondre finalement à la question qu'il s'est lui-même posée au début de ce Livre IV.

L'État ne doit pas intervenir sur cette question :

 

il est évident que chaque individu, dans sa position particulière, est beaucoup mieux à même d'en juger qu'aucun homme d'État ou législateur ne pourra le faire pour lui

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

C'est avec ce principe en vue, qu'Adam Smith peut finalement résoudre la question d'origine :

 

Accorder aux produits de l'industrie nationale, dans un art ou genre de manufacture particulier, le monopole du marché intérieur, c'est en quelque sorte diriger les particuliers dans la route qu'ils ont à tenir pour l'emploi de leurs capitaux, et, en pareil cas, prescrire une règle de conduite est presque toujours inutile ou nuisible. Si le produit de l'industrie nationale peut être mis au marché à aussi bon compte que celui de l'industrie étrangère, le précepte est inutile; s'il ne peut pas y être mis à aussi bon compte, le précepte sera en général nuisible.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

>> Le commerce entre pays

 

Ainsi, Adam Smith prône les échanges entre pays (il sera repris en cela par Ricardo, considéré comme un des plus grands auteurs de l'école classique, groupe auquel on a fait appartenir Adam Smith bien évidemment)

 

La quintescence de son argumentation se trouve en une phrase :

Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes en état de l'établir nous-mêmes, il vaut bien mieux que nous la lui achetions avec quelque partie du produit de notre propre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons quelque avantage

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

Il donne un exemple assez parlant :

Au moyen de serres chaudes, de couches, de châssis de verre, on peut faire croître en Écosse de fort bons raisins

(...)

Or, trouverait-on bien raisonnable un règlement qui prohiberait l'importation de tous les vins étrangers, uniquement pour encourager à faire du vin de Bordeaux et du vin de Bourgogne en Écosse?

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre II

 

En bref, il faut que chaque pays puisse échanger le résultat du travail qu'il sait faire le mieux et qui est donc bien souvent le plus adapté à son pays.

 

>> La colonisation et le mal qu'elle a causé

 

Les motivations pour la colonisation étaient d'emblée mauvaises, pour Adam Smith qui écrit dans le Chapitre VII, Livre IV :

"L'extravagance et l'injustice sont, à ce qu'il semble, les principes qui ont conçu et dirigé le premier projet de l'établissement de ces colonies"

Même si Adam Smith concède "d'autres motifs plus raisonnables et plus louables", ces nouveaux motifs ne font pas plus "honneur à la politique de l'Europe".

Les colonies ont retiré quelques bénéfices pourtant de la colonisation : "Les colonies doivent à la politique de l'Europe l'éducation de leurs actifs et entreprenants fondateurs, et les grandes vues qui les ont dirigés".

 

Et l'Europe aussi :

  1. "augmentation de jouissances"
  2. "accroissement d'industrie"

Sauf que les pays qui n'ont jamais envoyé personne dans les colonies en ont tout autant récolté des fruits :

La colonisation a permis d'"encourager l'industrie de pays qui peut-être n'ont jamais envoyé en Amérique un seul article de leurs produits, tels que la Hongrie et la Pologne"

De plus, ces bénéfices de la colonisation sont très mal partagés : les compagnies exclusives, telles que la célèbre Compagnie des Indes orientales, ont tiré profit du monopole du commerce sans en faire bénéficier la plus large population.

Adam Smith se garde bien de critiquer les bonnes intentions de la Compagnie des Indes : "Ils ont agi selon la pente naturelle de leur situation particulière".

Toutefois, sa sentence est sans appel : "De telles Compagnies exclusives sont donc un mal publie, sous tous les rapports".

 

>> Conclusion du système mercantiliste

 

Le système mercantiliste est condamnable pour cette principale raison :

"on voit l'intérêt du consommateur national sacrifié à celui du producteur"

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre VIII

 

Car c'est l'intérêt du consommateur qui doit être privilégié :

 

La consommation est l'unique but, l'unique terme de toute production, et on ne devrait jamais s'occuper de l'intérêt du producteur, qu'autant seulement qu'il le faut pour favoriser l'intérêt du consommateur.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre VIII

 

>> Les systèmes agricoles

 

Qu'est-ce qu'un système agricole ? C'est un système qui "représente le produit de la terre comme la seule source du revenu et de la richesse d'un pays", définit Adam Smith dans son Chapitre IX, Livre IV.

 

Adam Smith disqualifie immédiatement ce système :

[Il] n'a jamais, autant que je sache, été adopté par aucune nation, et n'existe à présent que dans les spéculations d'un petit nombre d'hommes en France, d'un grand savoir et d'un talent distingué. - Ce n'est sûrement pas la peine de discuter fort au long les erreurs d'une théorie qui n'a jamais fait et qui vraisemblablement ne fera jamais de mal en aucun lieu du monde.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre IV, Chapitre IX

 

L'erreur principale du système agricole est d'avoir oublié tout un pan de l'économie :

"il représente la classe des artisans, manufacturiers et marchands, comme totalement stérile et non productive" écrit encore Adam Smith.

 

Résumé et explications du LIVRE V - La Richesse des nations

 

>> Les dépenses de l'Etat

 

L'Etat, ou le Souverain, a trois fonctions principales, décrites dans le Chapitre I de ce Livre V :

 

  1. "Le premier des devoirs du Souverain, celui de protéger la société contre la violence et l'invasion d'autres sociétés indépendantes"
  2. "Le second devoir du souverain, celui de protéger, autant qu'il est possible, chacun des membres de la société contre l'injustice ou I'oppression de tout autre membre de cette société, c'est-à-dire le devoir d'établir une administration de la justice"
  3. "Le troisième et dernier des devoirs du souverain ou de la république est celui d'élever et d'entretenir ces ouvrages et ces établissements publics dont une grande société retire d'immenses avantages"

 

Chacune de ces fonctions exige des dépenses de la part de l'Etat.

(Ce sont donc trois sources de dépenses, +1 que nous rapportons un peu plus loin)

Elles sont variables et évolutives : par exemple et respectivement pour chacune de ces trois fonctions :

  1. selon qu'on soit en temps de paix ou de guerre,
  2. selon la période sociale,
  3. ou bien encore selon le degré d'avancement de la société

 

Une part importante de la 3e fonction, à savoir les ouvrages et institutions publiques, concerne l'éducation.

 

Adam Smith glisse alors une petite critique sociologique par ces mots : "quoique dans aucune société civilisée les gens du peuple ne puissent jamais être aussi bien élevés que les gens nés dans l'aisance".

Pour Adam Smith, la richesse favorise la bonne éducation et la bonne instruction.

Adam Smith n'est toujours pas dans le politiquement correct lorsqu'il parle des métiers "les plus bas" : "la plupart même de ceux qui sont destinés aux métiers les plus bas ont le temps de prendre ces connaissances avant de commencer à se mettre à leurs travaux".

 

Un système de récompense par le mérite et d'épreuve doit permettre d'acquérir cette éducation nécessaire pour tout le monde :

  1. "en donnant de petits prix ou quelques petites marques de distinction aux enfants du peuple qui y excelleraient"
  2. "peut imposer à presque toute la masse du peuple l'obligation d'acquérir ces parties de l'éducation les plus essentielles, en obligeant chaque homme à subir un examen ou une épreuve sur ces articles avant de pouvoir obtenir la maîtrise dans une corporation"

 

Adam Smith décrit ainsi exactement par ces deux facteurs favorisant l'éducation le système éducatif qui a été adopté dans la majorité des pays du monde.

 

Adam Smith avance que l'Etat a tout intérêt à l'éducation des citoyens. Il en profite pour critiquer le désordre qui pourrait subvenir au sein des nations :

Plus elles seront éclairées, et moins elles seront sujettes à se laisser égarer par la superstition et l'enthousiasme, qui sont chez les nations ignorantes les sources ordinaires des plus affreux désordres. D'ailleurs, un peuple instruit et intelligent est toujours plus décent dans sa conduite et mieux disposé à l'ordre, qu'un peuple ignorant et stupide.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre V, Chapitre I

 

Finalement, il existe une quatrième source de dépense. Il s'agit de celle nécessaire du "soutien de sa dignité".

Cette dernière dépense est à la mesure de la stature du souverain.

 

Naturellement nous nous attendons à trouver plus de splendeur dans la cour d'un roi que dans la maison d'un doge ou d'un bourgmestre.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre V, Chapitre I

 

>> Les revenus de l'Etat

 

Deux sources de revenus sont identifiées par Adam Smith dans le Chapitre II du Livre V :

  1. "de quelques fonds qui appartiennent en particulier au souverain ou à la république, et qui soient indépendants du revenu du peuple"
  2. "soit, en second lieu, du revenu du peuple"

 

La seconde est sans doute la plus importante.

 

Cette seconde source de revenus peut être divisée en 4 sortes d'impôts :

  1. les impôts qui portent sur les rentes
  2. les impôts qui portent sur les profits
  3. les impôts qui portent sur les salaires
  4. les impôts qui "portent indistinctement sur toutes ces trois différentes sources de revenu particulier"

Mais attention à cette formulation raccourcie : en effet, Adam Smith affirme que certains de "ces impôts ne sont pas supportés, en définitive, par le fonds ou la source du revenu sur lequel on avait eu l'intention de les faire porter"

 

Les impôts doivent obéir à 4 maximes, comme le précise Adam Smith toujours dans ce Chapitre II du Livre V :

  1. "Les sujets d'un État doivent contribuer au soutien du gouvernement, chacun, le plus possible, en proportion de ses facultés, c'est-à-dire en proportion du revenu dont il jouit sous la protection de l'État" : c'est l'égalité ou l'inégalité devant l'impôt qui est en jeu
  2. "La taxe ou portion d'impôt que chaque individu est tenu de payer doit être certaine, et non arbitraire"
  3. "Tout impôt doit être perçu à l'époque et selon le mode que l'on peut présumer les plus commodes pour le contribuable"
  4. "Tout impôt doit être conçu de manière qu'il fasse sortir des mains du peuple le moins d'argent possible au delà de ce qui entre dans le Trésor de l'État, et en même temps qu'il tienne le moins longtemps possible cet argent hors des mains du peuple avant d'entrer dans ce Trésor."

 

Pour Adam Smith, les impôts les plus efficaces et justes sont ceux sur la rente foncière et sur le loyer des maisons.

Ils sont moins arbitraires (cf. maxime n°2) parce qu'il est facile de constater quel terrain occupe un individu, plutôt que de connaître son capital.

De plus, il n'y a pas de risque de fuite "du terrain vers l'étranger", ce qui serait absurde, mais il y a bien un risque de fuite des capitaux à l'étranger.  "la terre est une chose qui ne peut s'emporter, tandis que le capital peut s'emporter très facilement".

Un autre impôt acceptable est celui sur les biens de consommation de luxe, même s'il est difficile à mettre en place.

Le dernier impôt qui serait judicieux pour Adam Smith est celui qui consiste en des péages pour l'utilisation des ouvrages publics (Cf. 3e devoir du souverain).

 

En revanche, l'impôt sur les salaires doit être banni, car les salaires sont des salaires de subsistance, et cela ferait augmenter les prix.

Il ne doit pas y avoir d'impôt en fonction de la fortune, car celui-ci serait source d'inégalités (maxime n°1) et arbitraire (maxime n°2).

 

 

>> Les dettes publiques

 

Le problème survient en temps de guerre, lorsque l'Etat n'a pas assez thésaurisé : "un revenu trois ou quatre fois plus fort que le revenu du temps de paix devient indispensablement nécessaire", prévient Adam Smith dans le Chapitre III du Livre V.

 

Dans un Etat bien réglé, dans lequel la possession des propriétés est garantie, et qui généralement inspire confiance, les citoyens seront enclins à prêter de l'argent à l'Etat. C'est le résultat si l'on tourne en phrase positive l'assertion suivante d'Adam Smith : "En un mot, le commerce et les manufactures seront rarement florissants dans un État où la justice du gouvernement n'inspirera pas un certain degré de confiance".

 

Le marchand ou capitaliste se fait de l'argent en prêtant au gouvernement, et au lieu de diminuer les capitaux de son commerce, c'est pour lui une occasion de les augmenter. Ainsi, en général, il regarde comme une grâce du gouvernement d'être admis pour une portion dans la première souscription ouverte pour un nouvel emprunt : de là la bonne volonté ou le désir que les sujets d'un État commerçant ont de lui prêter.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre V, Chapitre III

 

C'est ce qui dit aux Etats qu'ils peuvent se dispenser d'épargner. A l'inverse, les Etats qui n'inspirent pas confiance, doivent absolument épargner.

 

Adam Smith constate avec regret que les pays d'Europe de son époque (ce qui est peut-être encore plus vrai à notre époque) sont écrasés de dettes.

 

Le progrès des dettes énormes qui écrasent à présent toutes les grandes nations de l'Europe, et qui probablement les ruineront toutes à la longue, a eu un cours assez uniforme.

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre V, Chapitre III

 

La seule solution qui se présente alors aux Etats est de dévaluer l'argent par rapport à l'or. Ce qui doit être évité. Il faut que l'Etat augmente ses impôts, diminue ses dépenses.

Et Adam Smith de conseiller d'abandonner des colonies, comme pour le cas de la Grande-Bretagne :

 

les effets du monopole du commerce des colonies sont une véritable perte au lieu d'être un profit pour le corps de la nation

Adam Smith - La Richesse des nations, Livre V, Chapitre III

 

Conclusion

 

En conclusion, que dire du père de l'économie politique, ou de la politique économique, Adam Smith ?

Le classeriez-vous à droite ou à gauche ?

Si vous avez lu ne serait-ce que quelques lignes de ce résumé, et de nos explications, vous n'aurez pas de mal à le classer à droite, voire à l'extrême droite en matière de questions économiques.

Tout de même, Adam Smith ne renie pas un certain rôle à l'Etat, notamment dans le domaine de l'éducation. Il ne renie pas non plus le rôle de l'impôt, nécessaire selon lui mais limité à des fonctions strictes. Tout est affaire de nuances.