Définitions des Révolutions

 

>> Étymologie des Révolutions

 

Le mot révolution est ambigü, puisqu'il désigne une modification tout en étant un retour à un état initial.

Cette idée vient de l'astronomie.

Ainsi dès le début du XIIIe siècle Révolution signifiait : « retour périodique d'un astre à un point de son orbite »

 

 

>> Définition dans le domaine des idées de Révolutions

 

Cette idée du retour à un état initial disparaît peu à peu lorsque l'on s'aventure dans des domaines plus théoriques.

Le mot Révolutions marque alors seulement un "bouleversement, une transformation profonde". Il en est ainsi à propos de l'histoire des idées :

« Évolution des opinions, des courants de pensée, des sciences; découvertes, inventions entraînant un bouleversement, une transformation profonde de l'ordre social, moral, économique, dans un temps relativement court »

 

>> Définition à connotation politique et historique

 

Enfin, de façon toujours théorique, le retour à un état initial semble ne plus exister, et au contraire il s'agit en politique ou en histoire de parler d'un régime qui diffère totalement de son état initial.

« Renversement soudain du régime politique d'une nation, du gouvernement d'un état, par un mouvement populaire, le plus souvent sans respect des formes légales et entraînant une transformation profonde des institutions, de la société et parfois des valeurs fondamentales de la civilisation »

 

 

La révolution française comparable aux révolutions religieuses - Tocqueville

 

Alexis de Tocqueville, dont on peut dire qu'il fut un des précurseurs de la sociologie, mais aussi un grand théoricien en général, a rédigé un ouvrage sur la Révolution française.

Intitulée l'Ancien régime et la Révolution, l'œuvre date de 1856.

 

Alexis de Tocqueville dans le Livre premier Chapitre trois, décrit les caractéristiques d'une révolution, et celles de la révolution française en particulier, pour voir notamment ce qui les différencie.

 

Toutes les révolutions civiles et politiques ont eu une patrie et s'y sont renfermées. La révolution française n'a pas eu de territoire propre ; bien plus, son effet a été d'effacer en quelque sorte de la carte toutes les anciennes frontières. On l'a vue rapprocher ou diviser les hommes en dépit des lois, des traditions, des caractères, de la langue, rendant parfois ennemis des compatriotes, et frères des étrangers; ou plutôt elle a formé, au-dessus de toutes les nationalités particulières, une patrie intellectuelle commune dont les hommes de toutes les nations ont pu devenir citoyens.
 
Fouillez toutes les annales de l'histoire, vous ne trouverez pas une seule révolution politique qui ait eu ce même caractère : vous ne le retrouverez que dans certaines révolutions religieuses. Aussi c'est à des révolutions religieuses qu'il faut comparer la révolution française, si l'on veut se faire comprendre à l'aide de l'analogie.

 

Il faut prolonger sa lecture du chapitre pour comprendre mieux ce qu'Alexis de Tocqueville entend par révolutions religieuses.

 

La révolution française est donc une révolution politique qui a opéré à la manière et qui a pris en quelque chose l'aspect d'une révolution religieuse. Voyez par quels traits particuliers et caractéristiques elle achève de ressembler à ces dernières : non seulement elle se répand au loin comme elles, mais, comme elles, elle y pénètre par la prédication et la propagande. Une révolution politique qui inspire le prosélytisme

 

Les révolutions religieuses ont cela de spécial qu'elles s'interrogent sur les rapports des hommes avec Dieu. Elles s'adressent à chacun parce qu'elles renvoient à la nature de l'homme. Le citoyen devient une personne traitée "en dehors de toutes les sociétés particulières". 

Cette caractéristique explique son grand potentiel : elle parle à tout le monde.

La morale du jugement de Salomon

Le jugement de Salomon est une des plus célèbres illustrations de la justice.

 

Est-ce une bonne façon de rendre justice, vous serez plus à même de décider après avoir lu le résumé, puis le texte lui-même, et enfin d'en comprendre la morale.

 

>> Résumé du jugement de Salomon


Dans cet épisode de la Bible, le roi Salomon (2e fils du roi David) rend un jugement radical. Deux femmes ont chacune un fils. L'un des deux vient à mourir. Alors la mère de celui-ci le remplace avec le bébé encore vivant.

Et les deux mères prétendent que ce fils encore vivant est le leur.

Salomon décide alors de trancher le bébé en deux pour donner une part à chacune. La véritable mère préfère donner le bébé vivant à l'autre femme, tandis que celle qui n'est pas la mère est d'accord pour partager.

Le roi Salomon reconnait ainsi la véritable mère, et lui redonne son bébé.

 

>> Texte du jugement de Salomon

 

Alors deux prostituées vinrent se présenter devant le roi (Salomon). L'une dit : "Je t'en supplie, mon seigneur; moi et cette femme, nous habitons la même maison et j'ai accouché alors qu'elle s'y trouvait. Or, trois jours après mon accouchement, cette femme accoucha à son tour. Nous étions ensemble, sans personne d'autre dans la maison; il n'y avait que nous deux. Le fils de cette femme mourut une nuit parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle se leva au milieu de la nuit, prit mon fils qui était à côté de moi - ta servante dormait - et le coucha contre elle; et son fils, le mort, elle le coucha contre moi. Je me levai le matin pour allaiter mon fils, mais il était mort. Le jour venu, je le regardai attentivement, mais ce n'était pas mon fils, celui dont j'avais accouché". L'autre femme dit : "Non ! mon fils, c'est le vivant, et ton fils, c'est le mort"; mais la première continuait à dire : "Non ! ton fils, c'est le mort et mon fils, c'est le vivant". Ainsi parlaient-elles devant le roi. Le roi dit : " Celle-ci dit : "Mon fils, c'est le vivant, et ton fils, c'est le mort"; et celle-là dit : "Non ! ton fils, c'est le mort, et mon fils, c'est le vivant" ". Le roi dit : "Apportez-moi une épée !" Et l'on apporta l'épée devant le roi. Et le roi dit : "Coupez en deux l'enfant vivant et donnez-en une moitié à l'une et une moitié à l'autre". La femme dont le fils était le vivant dit au roi, car ses entrailles étaient émues au sujet de son fils : "Pardon, mon seigneur ! Donnez-lui le bébé vivant, mais ne le tuez pas ! " Tandis que l'autre disait : "Il ne sera ni à moi, ni à toi ! Coupez ! " Alors le roi prit la parole et dit : "Donnez à la première le bébé vivant, ne le tuez pas; c'est elle qui est la mère".
Tout Israël entendit parler du jugement qu'avait rendu le roi et l'on craignit le roi, car on avait vu qu'il y avait en lui une sagesse divine pour rendre justice.

Premier livre des Rois (3, 16-28)

 

>> La morale du jugement de Salomon

 

Pour rendre la justice, le récit de Salomon évoque deux méthodes :


1. La méthode qu'il semble d'abord vouloir employer :


Donner à chaque partie une portion de l'objet réclamé. Partager la récompense, le dû.

 

2. La seconde méthode qu'il emploie finalement :

Forcer par un choix radical au faux de se démasquer et au vrai de se révéler. Trouver le jugement raisonnable par la menace d'un jugement radical.

 

 

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Leonaert Bramer - Jugement de Salomon (MET Museum)