La liberté, droit de faire ce que les lois permettent - Montesquieu

La liberté ne consiste pas en la possibilité de faire tout et n'importe quoi.

C'est en somme ce que s'attèle à expliquer Montesquieu dans son ouvrage De l'Esprit des lois, II, au livre XI.

En effet, pour Montesquieu, il est difficile de trouver un mot aussi galvaudé que celui de liberté.

"Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations, et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté" (Chapitre 2)

 

Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple parait faire ce qu'il veut; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, II, au livre XI, Chapitre 3

 

Cela veut bien dire que la liberté "est le droit de faire tout ce que les lois permettent", car ces lois sont supposées justes.

La théorie des climats - Montesquieu

Montesquieu, dans son ouvrage paru en 1748, nous livre une réflexion concernant les déterminismes du milieu où l'on vit sur son propre caractère.

A l'échelle de la société, certains facteurs phyiques influent alors sur les lois, sur le caractère des peuples. Ainsi les lois pour Montesquieu "doivent être relatives au physique du pays" (De l'Esprit des lois, livre I, chap. 3).

Quant au caractère des peuples, Montesquieu prend l'exemple des climats et de la température, qui pour lui jouent un rôle essentiel et font que certains peuples sont libres tandis que d'autres demeurent esclaves.

"Il ne faut donc pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque toujours rendus esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres." énonce ainsi Montesquieu dans De l'Esprit des lois, III, livre XVII, chap. 17.

Montesquieu associe la chaleur (qui "énervait la force et le courage des hommes") à l'esclavage, et le froid (qui donne "une certaine force de corps et d'esprit") à la liberté.

 

 

Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

 

>> Définitions des termes du sujet

 

Le mot "devoirs", au pluriel, peut recevoir une définition assez large. Nous lui donnerons ici le sens d' "Obligation qu'impose, dans une circonstance particulière, la morale, la loi, la bienséance, etc.".

Le mot "reconnaître" dans ce contexte peut alors être présenté comme : "Admettre et proclamer le statut officiel, l'existence juridique de.", ce qui donne au mot "devoirs" une connotation juridique.

 

La liberté quant à elle est le coeur même du sujet. On lui donnera en introduction deux sens, qu'il faudra clarifier dans le développement du devoir : "Pouvoir d'exercer sa volonté ou d'opérer des choix." ou bien "État d'une personne qui peut agir et penser sans contrainte".

 

>> Enjeu du sujet

 

La liberté est-ce d'après la seconde définition donnée le pouvoir d'agir et penser sans contrainte ? Dans ce cas, les devoirs s'y opposent, puisqu'ils semblent être des contraintes.

Mais la liberté n'est-elle pas plutôt le pouvoir d'exercer sa volonté et d'opérer des choix, ce qui ne peut se faire qu'en établissant des règles et des principes précis sur lesquels s'appuyer et éclairer la raison ?

On soulève ici une question qui servira pour notre troisième partie, car elle permettrait de sortir de l'alternative en forme d'impasse de la confrontation entre liberté et devoirs.

 

>> Plan et développement

 

I. Les devoirs sont une contrainte qui limitent la liberté individuelle

On peut établir un parallèle entre la liberté morale et la liberté physique, entendue en un sens restreint.

Tout comme un animal en cage, les devoirs (la cage) limitent les capacités et l'étendue (les libertés) d'action de l'animal.

On peut soutenir également que l'homme n'est pas seulement limité dans sa liberté, mais qu'il est 100% déterminé et qu'il n'y a aucune place pour la liberté. Ainsi Spinoza fait-il voir que le libre-arbitre n'est qu'une illusion.

 

II. La liberté collective se trouve néanmoins garantie grâce aux devoirs

 

Rousseau dans son Contrat social ne dit pas autre chose : c'est en donnant sa liberté qu'on la conserve. Poser et reconnaître des devoirs, c'est créer un contrat social, et chacun donnant de sa liberté, ne la donne finalement à personne.

Aristote estime en ce sens que l'animal politique qu'est l'homme ne devient citoyen que parce qu'il obéit et reconnaît des devoirs égaux à tous.

 

III. La liberté se fonde et est éclairée par la contrainte

Kant situe la liberté au fait d'agir conformément avec sa raison, et la raison universelle. Ce n'est en ce sens pas faire n'importe quoi n'importe quand, mais bien par les devoirs que nous donne à connaître notre conscience et surtout notre raison, faire le bien.

Les Stoïciens et Spinoza trouvent une issue au dilemme de reconnaître ses devoirs pour gagner en liberté dans l'idée que la véritable liberté se trouve dans la connaissance que l'on a de la nature des choses. Or cette nature des choses est faite de contraintes et de devoirs. La liberté est alors la connaissance de la nécessité, et donc de reconnaître ses devoirs.

 

-> Correction : FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)

-> Correction : La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?