La théorie des climats - Montesquieu

Montesquieu, dans son ouvrage paru en 1748, nous livre une réflexion concernant les déterminismes du milieu où l'on vit sur son propre caractère.

A l'échelle de la société, certains facteurs phyiques influent alors sur les lois, sur le caractère des peuples. Ainsi les lois pour Montesquieu "doivent être relatives au physique du pays" (De l'Esprit des lois, livre I, chap. 3).

Quant au caractère des peuples, Montesquieu prend l'exemple des climats et de la température, qui pour lui jouent un rôle essentiel et font que certains peuples sont libres tandis que d'autres demeurent esclaves.

"Il ne faut donc pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque toujours rendus esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres." énonce ainsi Montesquieu dans De l'Esprit des lois, III, livre XVII, chap. 17.

Montesquieu associe la chaleur (qui "énervait la force et le courage des hommes") à l'esclavage, et le froid (qui donne "une certaine force de corps et d'esprit") à la liberté.

 

 

Révolutions et guerres civiles - Montesquieu

Dans le chapitre XI de son ouvrage De l'Esprit des lois, Montesquieu compare le gouvernement monarchique et le gouvernement despotique.

Pour Montesquieu, qui intitule ce chapitre "De l'excellence du gouvernement monarchique", il est clair que le gouvernement monarchique est meilleur que le gouvernement despotique.

C'est notamment la stabilité du régime monarchique qui est un atout, comme Montesquieu l'écrit :

Le gouvernement monarchique à un grand avantage sur le despotique. Comme il est de sa nature qu'il y ait sous le prince plusieurs ordres qui tiennent à la constitution, l'État est plus fixe, la constitution plus inébranlable, la personne de ceux qui gouvernent plus assurée.

C'est dans ce contexte que Montesquieu nous explique en quoi les notions de guerres civiles et de révolutions sont inversées selon le régime en place, toujours au chapitre XI.

Aussi toutes nos histoires sont-elles pleines de guerres civiles sans révolutions; celles des États despotiques sont pleines de révolutions sans guerres civiles.

 

Par ces mots, Montesquieu associe les révolutions au gouvernement despotique.

 

A l'époque, le mot Révolution trouve sa signification par analogie avec la santé, elle-même dérivée de l'astronomie. La 4e édition du Dictionnaire de l'Académie française (1762) précise en effet :

On appelle Révolution d'humeurs, Un mouvement extraordinaire dans les humeurs, qui altère la santé. Il se dit aussi figurément Du changement qui arrive dans les affaires publiques, dans les choses du monde.

 

La justice est-elle morale ou politique ?

La justice est-elle morale ou politique ?

Nous étudierons d'abord la justice politique (I), puis la justice morale (II).

Attention, ce plan est valable pour un cours. Il ne l'est pas pour une dissertation.

 

Vous trouverez des définitions de la justice, importantes pour savoir de quoi l'on parle, ici.

Une fiche sur la justice et des citations sur la justice sont également disponibles.

 

>> La justice politique

 

La justice entendue comme les institutions d'Etat chargées de trancher est politique.

John Locke (1632-1704) et Montesquieu théorisent la séparation des pouvoirs.

MontesquieuDans De l'Esprit des lois, XI, 4, Montesquieu déclare en particulier sur la justice :

« Il n'y a point encore de liberté, si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire ; car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur. »

Il exprime clairement l'importe de la justice come pouvoir indépendant et limité par les contre-pouvoirs législatifs et exécutifs. Il s'agit alors d'une justice politique

Aristote affirmait lui aussi le caractère politique de la justice : « Or la vertu de justice est politique, car la justice introduit un ordre dans la communauté politique, et la justice démarque le juste de l’injuste ». (Les politiques, Livre I, chapitre 2)

 

>> La justice morale

 

La justice est aussi une vertu morale.

Platon qui distingue en effet quatre vertus principales : la sagesse, le courage, la tempérance et la justice. La justice est la plus importante et la plus difficile des quatre pour Platon. (La République, Livre IV)

Aristote établit un autre classement des vertus, au sommet duquel il pose lui aussi la justice. Il définit la vertu comme : « disposition à agir d’une façon délibérée consistant en un juste milieu relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent ». (Livre II, chapitre 6, de l'Ethique à Nicomaque)

Saint Ambroise (vers 340-397), catholique, fixe les quatre vertus cardinales : la tempérance, la prudence, la force et la justice, reprise jusqu'à aujourd'hui par l'église.

Saint Augustin

Saint Augustin approfondit et définit ces vertus « la justice, l'amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture ». La justice se comprend comme un amour, amour qui est amour de Dieu. « la justice, c'est l'amour ne servant que Dieu seul et par suite régissant avec droiture tout ce qui est soumis à l'homme ».

 

La vertu de la justice se définit encore comme l'aptitude à restituer chaque chose à la place qui lui convient, à distinguer le bien et le mal, et donc inclut le sens de la mesure : donner ni trop ni pas assez, juste ce qu'il faut.

 

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