La liberté, droit de faire ce que les lois permettent - Montesquieu

La liberté ne consiste pas en la possibilité de faire tout et n'importe quoi.

C'est en somme ce que s'attèle à expliquer Montesquieu dans son ouvrage De l'Esprit des lois, II, au livre XI.

En effet, pour Montesquieu, il est difficile de trouver un mot aussi galvaudé que celui de liberté.

"Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations, et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté" (Chapitre 2)

 

Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple parait faire ce qu'il veut; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, II, au livre XI, Chapitre 3

 

Cela veut bien dire que la liberté "est le droit de faire tout ce que les lois permettent", car ces lois sont supposées justes.

Le droit - Emmanuel Kant

"on ne peut rien tailler de tout à fait droit"

Cette formule est issue de l'Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. L'ouvrage, publié en 1784, évoque en effet les difficultés de l'être humain pour se redresser, c'est-à-dire pour suivre un comportement ordonné.

In extenso, voici la phrase de Kant

Dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l'homme, on ne peut rien tailler de tout à fait droit.

 

Il s'agit donc de trouver des règles, des lois, des directions, pour que l'homme sujet à toute forme de déviances puisse en quelque sorte pousser droit, pour qu'il puisse se développer dans de bonnes conditions et surtout de la bonne façon. Mais cette législation est impossible de manière parfaite, elle ne peut être qu'imparfaite, de par le fait que c'est l'homme imparfait qui décide de ses propres lois, et l'autre fait que l'homme est fondamentalement issu d'un bois "courbe", il n'est pas aisément ajustable.

 

Il est inévitable que nous ne soyons jamais heureux - Pascal

Blaise Pascal dans ses Pensées, 47-172, constate avec froideur :

Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

 

Si Pascal en arrive à un tel résultat, c'est au terme d'une réflexion aboutie sur le temps et le présent.

 

Pour Pascal, le bonheur dépend de la qualité de nos pensées. Or nos pensées sont indissociables du temps. C'est pourquoi Pascal déclare "Que chacun examine ses pensées. Il les trouvera toutes occupées au passé ou à l'avenir."

Le problème vient du fait que nous ne prenons pas le présent pour fin, c'est-à-dire pour but de nos pensées et de notre vie. C'est toujours l'avenir, le futur, qui constitue la fin. De là il est possible de comprendre cette affirmation de Pascal, nous "espérons de vivre", nous vivons pour l'avenir.